Takao Kashiwagi, Balzac, romancier du regard (Nizet, 2002, 167 p. 20 euros).

Pour avoir déserté la Place de la Sorbonne, le nom de Nizet reste présent dans le champ de l'érudition littéraire. Le sigle de la libraire réfugiée en Touraine orne ici un recueil d'articles d'un éminent Balzacien japonais. On ne soulignera jamais assez la force de la recherche japonaise en littérature française, surtout en ce qui concerne le XXe siècle. Le dernier chapitre de l'ouvrage en donne une illustration rapide mais éclairante en résumant plus d'un siècle de travaux japonais sur Balzac. Les autres chapitres sont eux-même d'intéressantes contributions à l'étude de textes et de questions qui intriguent depuis longtemps les spécialistes, ainsi des raisons qui amènent Balzac à nommer sa "belle noiseuse" Catherine Lescaut. Takao Kashiwagi donne sa propre réponse en allant chercher du côté de Celline dans une étude minutieuse et convaincante. Les non-spécialistes retiendront également un article de synthèse sur "Le cimetière parisien   et le destin des héros romantiques". L'ensembles s'articule sans trop d'arbitraire autour du thème du regard et offre à son tour de rafraîchissantes perspectives sur le travail de Balzac romancier.

              Revue d'histoire littéraire, No.14 (avril-juin 2003) p. 213.